Le chant funèbre de la violence quotidienne.
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La première phrase par laquelle une femme exprime sa detresse, voilà ce qu'a noté chaque jour Eléonore Mercier, "écoutante" pour une association qui lutte contre les violences conjugales. En quelques mots comme ceux-ci : "Je voudrais quitter mon mari mais je n'ai pas de traces visibles", on entre par effraction dans une vie. Une vie contenue dans une phrase. Le plus troublant est l'effet de ces phrases accolées les unes aux autre. Elles forment une litanie, une étrange poésie qui remue les tripes et relient les femmes entre elles. Ces 1653 phrases pourraient figurer dans le dernier ouvrage de Martin Winckler, Le Choeur des femmes. Si ces deux ouvrages racontent une multitude d'histoires, on y devine avant tout de la part des auteurs une qualité d'écoute exceptionnelle.
Attention : à ne pas mettre entre toutes les mains.
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Cette histoire est vraie : c'est le récit d'une enfance broyée par une secte qui existe sous plusieurs noms : La Famille ou Les Enfants de Dieu. C'est une secte pédophile qui inflige toutes sortes de sévices épouvantables aux enfants qui y naissent.
Amoreena WINKLER nous raconte son enfance et son adolescence, et si certaines scènes sont à la limite du soutenable jamais elle ne tombe dans le pathos ou le voyeurisme. Il s'agit réellement d'un écrivain qui témoigne d'un vécu., et l'on sent dès les premières pages l'émergence d'une force de caractère hors du commun, un tempérament que rien ne pourra gâcher.
La nécessité de l'écriture nous frappe de plein fouet : c'est par son biais que la victime sera réhabilitée et prendra possession de sa propre vie. L'éditeur de Gomorra ne s'est pas trompé, car c'est lui qui va l'éditer en Italie.
Laura arrive dans une froide contrée allemande pour être fille au pair. Qu'est-ce qui la pousse à s'infliger cela ? Finalement, elle ne parle pas si bien allemand que ça et va se retrouver à recomposer ce que lui disent ses interlocuteurs. En plus, elle est tombée dans une famille étrange, qui vit loin de tout et dont elle ne comprend pas les us et coutumes.
Brigitte Giraud écrit, et tout à coup on a 17 ans et l'on vit l'effroi particulier et excitant de se tenir à l'orée de l'existence.
"J’apprends qu’on ne peut pas tout dire."
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Il en va des livres de Brigitte Giraud comme de la vie : on remarque les détails, on s'interroge, on sourit, on est ému. On se rend compte que tous ces détails forment un ensemble : on apprend.
Un texte court, d’une intensité telle qu’en quelques pages on passe de l’émotion à l’indignation, puis à un fort sentiment de révolte.
En Iran, une jeune fille de 15 ans est promise à la pendaison. Son cahier est retrouvé. Il retrace de manière poignante sa courte trajectoire. Elle est la figure de l’innocence et de la liberté et nous rappelle qu’il est des pays où celle qui ne veut pas se soumettre encourt la punition suprême.