Surnommé La Taupe, le personnage principal a l'air un brin dérangé, un brin tatillon.
Par exemple, ce voisin fou furieux qui tape sur tout ce qui bouge est-il dans sa tête ? Dans sa tête aussi les mini délires à la banque, à la Poste ou encore au supermarché ?
Au début du livre La Taupe observe très finement ce monde qui ressemble au nôtre et s'amuse à mettre quelques grains de sable anodins dans les rouages. Jusque là on rit et l'on sourit des situations absurdes qu'il a l'art de créer et de décrire.
Puis certains éléments nous font froid dans le dos, genre Les clubs d'enterrement dont on doit faire partie dès que la cinquantaine a sonné. Qui est à la tête de tout cela, et pourquoi ?
A partir de là notre personnage de doux dingue prend de l'épaisseur : il est humain parce qu'il a peur. Ses actes de résistances parfois dérisoires le rendent poignant.
On termine le livre de Kenneth Bernard en sachant qu'on y repensera souvent, à l'image de certains cauchemars qui nous poursuivent longtemps.
Grand Format, 240 pages, ed. ATTILA